Journée de mobilisation après journée de mobilisation, le mouvement contre la réforme des retraites continue de grandir. Celles et ceux qui manifestent, représentent l’immense majorité de la population : les salariés, les jeunes, les chômeurs et précaires, face à une minorité de privilégiés. La légitimité, le bon droit, sont dans la rue.
Nous sommes les plus nombreux, nous pouvons être les plus forts !
Avec les raffineries et les dépôts de carburants, un secteur clé de l’économie est paralysé.
Le gouvernement a beau chanter « tout va très bien », il panique, envoie les flics, prononce des réquisitions illégales. Loin d’intimider les grévistes il ne fait que renforcer leur détermination et le soutien de tous les secteurs. La mobilisation de la jeunesse se répand dans tout le pays. Là encore, le gouvernement a recours à la violence policière pour tenter de museler les jeunes. Mais chaque jour ce sont plus de lycées bloqués et plus de lycéens dans les rues.
Les actions de blocage se multiplient dans les ports, les zones industrielles. Alors pour toutes celles et tous ceux qui participent aux manifestations mais hésitent encore a entrer dans la grève reconductible, c’est le moment !
Un Mai 68 aux couleurs du XXIe siècle.
Pour faire échec à ce gouvernement qui méprise et réprime, il faut être encore plus fort qu’en 1995 ou en 2003. Tous ensemble, nous pouvons arrêter la circulation, des trains, avions, camions, bateaux, arrêter l’activité des entreprises, des services. Nous pouvons bloquer le pays car quelque soit notre secteur, c’est notre travail qui le fait fonctionner !
Ni négociable, ni amendable, retrait du projet de loi !
Sarkozy, Fillon, Démission !
Derrière la réforme des retraites se dessine un profond ras le bol de Sarkozy, de son gouvernement, de sa politique au service des capitalistes. Le mouvement peut devenir suffisamment puissant pour remettre les pendules à l’heure, reprendre ce que les patrons nous ont volé sur nos salaires, nos emplois, nos conditions de travail, récupérer nos services publics, notre protection sociale…
Une crise sociale et politique, une révolte globale est en marche.
L’offensive de la droite est sur tous les fronts, et coordonnée : démantèlement de la protection sociale, imposition croissante de conditions de travail insoutenables, mensonges à grande échelle, course effrénée aux gros et petits profits, surexploitation des travailleurs immigrés, extension de la politique du tout répressif, expression décomplexée d’une « pensée » élitaire et raciste… L’attaque est globale et frontale. Notre réponse doit être frontale et globale.
La riposte a commencé : depuis plusieurs semaines, des millions de travailleurs descendent dans la rue pour défendre les sans-papiers ; le 7 octobre, les travailleurs sans-papiers excédés de ne pas voir la concrétisation des promesses qui leur avaient été faites à l’issue d’une grève de plusieurs mois occupent la Cité de l’immigration pour obtenir enfin leur régularisation. Tous les Franciliens sont invités à venir les soutenir.
Tout cela se déroule pourtant dans un climat nauséabond créé par l’expression virulente du racisme d’État, vieille recette des classes dominantes soucieuses de renforcer leur pouvoir par les discriminations et la concentration de la violence sur des cibles choisies : indigènes des pays à coloniser, juifs, arabes, roms…
Les circonstances varient. En 1885, Jules Ferry, reconnu comme l’un des Pères de la République, pouvait déclarer, pour justifier les guerres coloniales : « Il faut dire ouvertement que les races supérieures ont un droit vis à vis des races inférieures ». En 1940 le parlement dont avaient été exclus les communistes laissait les clefs de la République au Maréchal Pétain. Après 1945, la répression des luttes anticoloniales s’est appuyée sur la fabrication et l’entretien par la IVème et la Vème République de la haine du « raton », du « bougnoule »… Des massacres de Sétif et Constantine en mai 1945 à celui des manifestants à Paris le 17 octobre 1961 l’armée et la police de la République se sont bien acquittés de leur tâche !
Aujourd’hui, la droite au pouvoir plus que jamais antisociale, autoritaire et populiste se veut « sans tabous » prétendant cannibaliser les voix d’un FN qu’elle renforce. La rhétorique républicaine s’enferre dans les contradictions qui lui sont propres. Mais nous ne céderons rien à ceux pour qui la devise républicaine n’est qu’une formule gravée au fronton de nos monuments pour solde de tout compte. Nous ne céderons rien à ceux qui l’ont bafouée constamment dans le cadre même des institutions de la République.
La liberté, c’est pour nous la liberté de circulation et d’implantation, dont le refus fabrique les sans-papiers et permet d’expulser les Roms . C’est, dans le cadre de la défense de la laïcité, la liberté religieuse, totale tant qu’elle n’empiète pas sur d’autres libertés. Sa négation est au fondement de l’islamophobie, véhicule actuellement dominant de toutes les formes de racisme. L’égalité, c’est pour nous l’égalité des droits : droit à la retraite, droit à la santé, droit à l’emploi, droit à l’éducation, droit au logement… La fraternité, c’est pour nous la solidarité et le respect au quotidien.
Le NPA appelle à se joindre au vaste mouvement populaire de défense du droit à la retraite en participant aux manifestations et aux AG de travailleurs ainsi qu’à renforcer et construire tous les cadres qui permettent de combattre le racisme sous toutes ses formes.
crédit photo : Photothèque Rouge/JMB


